"Parmi les acteurs du Nouveau Réalisme qui sont exposés en ce moment au Grand Palais, Martial Raysse (né en 1936) fait un peu figure à part. Le "Dada" de Raysse, si l'on peut dire, c'est le néon. Cet artiste a travaillé ce matériau nouveau au point d'en faire son médium de prédilection. Médium, car le néon est un véhicule d'énergie. Il met en mouvement la lumière sans violence. De ce point de vue, l'oeuvre de Raysse apparait presque sage au milieu des affiches lacérées, des détritus accumulés par les autres nouveaux réalistes tels que Villeglé ou Arman. Raysse avait commencé sa carrière par des études de lettres, et l'athlétisme, avant de se lancer dans la peinture à l'âge de 19 ans. Le néon est pour lui le gage d'une "hygiène de la vision", et ce coté hygiénique de l'art n'est pas sans rapeller les nus de Wesselman, chantre du Pop Art Américain. Les visages de femmes peints par Raysse ont la bouche soulignée au néon, ce qui leur donne un charme furieusement érotique, en dépit du caractère urbain et asceptisé du matériau. De quoi donner matière à imaginer de belles histoires...d'amour électrique." http://www.leblogart.com/2007/05/page/4/
Ce film expérimental d'un quart d'heure, est à ce jour un des manifestes les plus virulents jamais réalisés en faveur de la liberté artistique. Il conserve intacte une bonne part de charge subversive originelle. Venu le défendre lors d'une projection publique en 1934, Buñuel avait rétorqué à ses détracteurs que son film n'était rien de moins qu'une invitation au crime et au viol.
Breton avait affirmé que ce qui comptait était que l'oeuvre donne à voir une nouvelle façon de voir le monde, façonnée par l'érotisme, libérée des contraintes de représentation classique, des repères spatio-temporels, des conventions narratives et morales traditionnelles. Par la seule puissance du désir, un homme se transforme en femme, une femme habillée se retrouve soudain entièrement nue, deux ânes morts se retrouvent coincés dans deux pianos à queue accrochés par deux cordes à deux curés, une porte d'appartement s'ouvre sur une plage déserte... Déjouant constamment l'attente du spectateur, ouvrant son imaginaire sur des abîmes infinis, le récit procède délibérément par association d'images. Sa cohérence, essentiellement formelle, tient à la récurrence de motifs, d'objets, de personnages qui écrivent bien une histoire, mais sur un mode totalement nouveau, et purement cinématographique.
Le scénario a été écrit en une semaine, par Dali et Buñuel, selon un procédé qui emprunte aux techniques littéraires surréalistes de l'écriture automatique et du cadavre exquis. Le montage, direct, transparent, reflète ce processus, en mettant en lumière ces jeux d'associations : une main trouée grouillante de fourmis/une aisselle de femme/un oursin, etc. Une foule massée en cercle rappelle plus tard, aussi bien la forme de l'œil fendu du début, de la lune qui l'annonce, que de la nuée de fourmis. Tiré par un petit fil rigoureusement tissé par la main de maître de Buñuel, on saute sans transition, et en permanence, du dégoût à l'émerveillement, du trouble érotique à la surprise amusée. Ce montage de rêves enchaînés, sans aucune intervention de la volonté des deux scénaristes, ouvre au cinéma les portes du surréalisme.
"Je veux un temple de perles avec une porte ouverte d'une soixantaine de centimètres de hauteur qui oblige les gens à ramper pour entrer." Byars
" En plus de sa personnalité exceptionnelle, inclassable, bizarre, son oeuvre – qui n'est pas séparable de sa vie - occupe une place singulière dans l'art du XXe siècle. En quête d'absolu, de perfection et de spiritualité, le plasticien américain James Lee Byars mène une recherche picturale et philosophique quasi scientifique qui l'amène à développer un style très personnel fondé sur les formes épurées,minimalistes et hermétiques du cercle, de la sphère, du cylindre, de la pyramide - des formes géométriques simples chargées d'une valeur symbolique profonde qui interpelle à la fois l'essence et l'absence des choses. Habité par un sens aigu de l'éphémère, ses oeuvres énigmatiques, mystérieuses et poétiques prennent la forme d'attitudes, de performances, d'installations ou d'éditions. Il travaille des matériaux durs et brillants : le grès, le marbre, le verre et l'or qui, tout comme ses couleurs de prédilection - le noir, le rouge, le blanc, le doré -, évoquent cette recherche de perfection et d'absolu."
L'artiste britannique Anish Kapoor naît le 12 mars 1954 à Bombay en Inde. Son travail de sculpture se nourrit d’une réflexion psychanalytique et spirituelle. La métaphore du vide le préoccupe, avec le désir de montrer des formes évidentes en elles-mêmes, mais susceptibles de faire écho à des formes de l’inconscient; le thème de la concavité et de la convexité est souvent repris dans son travail. A la recherche de nouveaux matériaux, il expérimente pour la première fois la cire rouge avec My Red Homeland (Kunsthaus Bregenz, 2003) : un bras motorisé érode continuellement un tas de cire en tournant très lentement, évoquant une échelle de temps géologique.
Pour Svayambh (Nantes, 2007), un bloc de cette même cire rouge, dont les bords s’usent à chaque passage de porte, circule à une vitesse presque imperceptible à travers les salles du musée des Beaux-Arts. Le matériau est aussi projeté sur des murs par un canon, pour Shooting in the corner (MAK, Vienne, 2009).
Une couleur est le moyen
d’atteindre la sensibilité. Pour Yves Klein, le monochrome permet d’éviter
d’introduire dans la peinture un élément qui lui est extérieur, comme
l’interprétation psychologique d’une forme. L’artiste inaugura sa "Période Bleue » en
1957, et n'utilisera plus que cette couleur. "Le bleu n'a pas de
dimension, il est hors dimension, tandis que les autres couleurs elles en ont
... Toutes les couleurs amènent des associations d'idées concrètes ... tandis
que le bleu rappelle tout au plus la mer et le ciel, ce qu'il y a de plus
abstrait dans la nature tangible et visible." Klein déposera le brevet
d'une formule de bleu ultramarin, l'International Klein Blue (IKB), en 1960.
« Adolescent, j’avais eu une révélation : le bleu
du ciel était la couleur de l’infini, le champ libre de l’énergie universelle.
Ce jour-là, je me suis mis à éprouver de la haine pour les oiseaux qui volaient
dans mon beau ciel bleu. Ils essayaient de faire des trous dans la plus grand
de mes œuvres. Mes propositions monochromes sont des images de la liberté »
"Grand singulier de l'art moderne, Calder (1898-1976) a révolutionné l'histoire de la sculpture par sa modernité. Non seulement en la libérant de son socle, mais également en faisant du mouvement lui-même un élément de la composition. Rendu célèbre dans les années 30 par son fameux cirque miniature, il est surtout l'inventeur du dessin dans l'espace par ses sculptures en fil de fer. Contemporain et ami de Duchamp, Miro et Mondrian qui ont influencé son évolution, cet artiste de génie n'a cessé de renouveler son art par les formes les plus inattendues, des Mobiles jusqu'aux Stabiles monumentaux aujourd'hui installés dans le monde entier."
Film "Calder sculpteur de l'ait" de Lévy-Kuentz
"Dans mes mobiles, les forces sont mises en relation entre elles, un peu comme chez les humains finalement. Il y en a des gros et des petits, des lourds et des légers, des ronds et des pointus qui vont et viennent, qui s'observent, se contournent, s'évitent, se déstabilisent ou s'appuient les uns sur les autres. Ma poésie se trouve peut-être dans ces éléments qui s'opposent et qui finissent toujours par s’arranger entre eux."
Les oeuvres de Théo Mercier sont hallucinogènes, drôles et ne ressemblent à rien de connu.
Théo Mercier est à l'opposé de la pensée occidentales traditionnelle. Il met sur le même plan des notions considérées comme contradictoires : la vie et la mort, la joie et la tristesse, le sexe et la bienséance, l'homme et l'animal, etc. Il est, en ce sens, un des très rare artistes français que l'on pourrait envisager comme un petit-fils des Dadas.
"Beaucoup de mes travaux sont conçus comme des collages, parfois des cadavres exquis, car cette confrontation des images, des univers et des clichés est une condition sine qua non pour parasiter mon propre travail, rompre avec le confort visuel et intellectuel. C'est aussi un questionnement permanent sur l’impermanence la mutation. Métamorphoser ce qui peut l'être mais aussi ce qui résiste, afin de donner un sens à ce qui n'en a apparemment pas et de vider de leur significations nos référents habituels. Jouer aux miroirs déformants, faire du réel un palais des glaces qui vire au train fantôme".